<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	xmlns:georss="http://www.georss.org/georss" xmlns:geo="http://www.w3.org/2003/01/geo/wgs84_pos#" xmlns:media="http://search.yahoo.com/mrss/"
	>

<channel>
	<title>Expressions numériques</title>
	<atom:link href="http://danielducharme.wordpress.com/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>http://danielducharme.wordpress.com</link>
	<description>mémoire d&#039;un éditeur écrivailleur</description>
	<lastBuildDate>Tue, 14 May 2013 13:01:39 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr</language>
	<sy:updatePeriod>hourly</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>1</sy:updateFrequency>
	<generator>http://wordpress.com/</generator>
<cloud domain='danielducharme.wordpress.com' port='80' path='/?rsscloud=notify' registerProcedure='' protocol='http-post' />
<image>
		<url>http://s2.wp.com/i/buttonw-com.png</url>
		<title>Expressions numériques</title>
		<link>http://danielducharme.wordpress.com</link>
	</image>
	<atom:link rel="search" type="application/opensearchdescription+xml" href="http://danielducharme.wordpress.com/osd.xml" title="Expressions numériques" />
	<atom:link rel='hub' href='http://danielducharme.wordpress.com/?pushpress=hub'/>
		<item>
		<title>043 &#8211; Panne sèche</title>
		<link>http://danielducharme.wordpress.com/2013/05/14/043-panne-seche/</link>
		<comments>http://danielducharme.wordpress.com/2013/05/14/043-panne-seche/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 14 May 2013 13:01:37 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Daniel Ducharme</dc:creator>
				<category><![CDATA[Création littéraire]]></category>
		<category><![CDATA[Métablog(ue)]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://danielducharme.wordpress.com/?p=983</guid>
		<description><![CDATA[Récemment j’ai redémarré ce blog(ue) à neuf pour en faire un lieu d&#8217;expression. Car voilà comment je définis un blogue : un lieu d&#8217;expression qui offre à chaque citoyen, quel que soit son niveau d&#8217;instruction, la possibilité de s&#8217;exprimer.  Certains tiennent des blogues thématiques pour partager leurs intérêts pour des secteurs  d&#8217;activité pour lesquels ils se [&#8230;]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=danielducharme.wordpress.com&#038;blog=4604422&#038;post=983&#038;subd=danielducharme&#038;ref=&#038;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align:justify;">Récemment j’ai redémarré ce blog(ue) à neuf pour en faire un lieu d&rsquo;expression. Car voilà comment je définis un blogue : un lieu d&rsquo;expression qui offre à chaque citoyen, quel que soit son niveau d&rsquo;instruction, la possibilité de s&rsquo;exprimer.  Certains tiennent des blogues thématiques pour partager leurs intérêts pour des secteurs  d&rsquo;activité pour lesquels ils se passionnent.  D&rsquo;autres se contentent de cracher leur opinion à la face du monde. Peu importe, les lecteurs, s&rsquo;ils s&rsquo;en trouvent, sauront faire la différence entre qualité et médiocrité. Après tout, les technologies  permettent le meilleur comme le pire… et le défi de ce vingtième siècle consiste, entre autres choses, à en faire bon usage de manière à ce que leur utilisation contribue à l’avancement de l’humanité. Vaste programme…</p>
<p style="text-align:justify;">Mais quand on se targue de tenir un blogue, il ne faut pas s&rsquo;arrêter : la régularité de la mise en ligne des billets s’avère une condition essentielle de réussite. Sinon les 60 ou 600 ou 6000  lecteurs que vous avez acquis au fil des semaines iront voir ce qui s’écrit ailleurs. Alors que faire en cas de panne sèche ? Rien si ce n&rsquo;est confesser que vous êtes en panne sèche&#8230;  Je me souviens avoir lu un jour un écrivain qui s&rsquo;exprimait sur le syndrome de la page blanche  (je crois qu’il s’agit de Henry Miller, mais peu importe). Au jeune écrivain qui se plaignait de son manque d’inspiration, il a donné le conseil suivant : si tu n&rsquo;arrives pas à écrire, alors explique <i>par écrit</i> pourquoi tu n&rsquo;arrives pas à écrire&#8230; et peu à peu l’histoire viendra.</p>
<p style="text-align:justify;">C&rsquo;est ce que je suis en train de faire&#8230; dans un tout autre registre! Dans mon cas, en raison d&rsquo;une activité professionnelle intense, je n&rsquo;arrive pas à trouver au quotidien les trente minutes de calme nécessaires à l&rsquo;expression. Mais je ne suis pas inquiet: ça reviendra.</p>
<br />  <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/danielducharme.wordpress.com/983/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/danielducharme.wordpress.com/983/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=danielducharme.wordpress.com&#038;blog=4604422&#038;post=983&#038;subd=danielducharme&#038;ref=&#038;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://danielducharme.wordpress.com/2013/05/14/043-panne-seche/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
	
		<media:content url="http://0.gravatar.com/avatar/6988e8a00a0aec8a0e6e7ea22f4cf3ad?s=96&#38;d=identicon&#38;r=G" medium="image">
			<media:title type="html">Ducharme</media:title>
		</media:content>
	</item>
		<item>
		<title>042 &#8211; Qu&#8217;est-ce que la pauvreté?</title>
		<link>http://danielducharme.wordpress.com/2013/04/21/042-quest-ce-que-la-pauvrete/</link>
		<comments>http://danielducharme.wordpress.com/2013/04/21/042-quest-ce-que-la-pauvrete/#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 21 Apr 2013 13:53:33 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Daniel Ducharme</dc:creator>
				<category><![CDATA[Essais]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Pauvreté]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://danielducharme.wordpress.com/?p=981</guid>
		<description><![CDATA[Le Petit Robert (1987) définit la pauvreté par « l’état d’une personne qui manque de moyens matériels, qui manque d’argent ». Le dictionnaire relate aussi l’insuffisance de ressources pour préciser cette notion qui repose essentiellement sur le concept de manque, sur ce qu’on n’a pas en comparaison avec ce qu’on pourrait ou devrait avoir.  Personnellement, je ne [&#8230;]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=danielducharme.wordpress.com&#038;blog=4604422&#038;post=981&#038;subd=danielducharme&#038;ref=&#038;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align:justify;"><i>Le Petit Robert</i> (1987) définit la pauvreté par « l’état d’une personne qui manque de moyens matériels, qui manque d’argent ». Le dictionnaire relate aussi l’insuffisance de ressources pour préciser cette notion qui repose essentiellement sur le concept de manque, sur ce qu’on n’<i>a</i> pas en comparaison avec ce qu’on pourrait ou devrait <i>avoir</i>.  Personnellement, je ne suis pas à l’aise avec cette vision trop étroite de la pauvreté. Après tout, je suis originaire d’une famille pauvre qui a vécu dans un quartier pauvre au milieu de voisins et amis qui étaient aussi pauvres que nous. Puisque nous étions tous pauvres, nous n’avions pas nécessairement l’impression d’être en état de manque.  Cela s’expliquait sans doute par le fait que, contrairement aux pauvres d’aujourd’hui, nous ne partagions pas la vie quotidienne de ceux qui possédaient toutes ces choses que nous ne pouvions acquérir, même en rêve. En conséquence, l’élément comparable – les possédants – faisait pratiquement partie de notre imaginaire, un monde presque inaccessible tant nous vivions renfermés sur nous-mêmes avec notre culture, nos valeurs et nos traditions religieuses. Si on ajoute à cela que ces possédants parlaient une langue étrangère, on comprendra mieux que la distance qui nous séparait d’eux s’avérait quasiment infranchissable.</p>
<p style="text-align:justify;">Depuis lors, à l’instar de la plupart des pays occidentaux, le Québec a bien changé et, depuis les années soixante, grâce à l’accès au crédit à la consommation, les enfants des ouvriers se sont hissés au niveau de la classe moyenne, laquelle regroupe dorénavant la majorité de la population. Une population endettée, certes, mais qu’on ne peut plus qualifier de <i>pauvre.</i> Aussi la pauvreté constitue-t-elle un phénomène marginal, et ceux qui en font partie – les <i>pauvres</i> – sont des proscrits qu’on préfère tenir à l’écart. Récemment, dans un quartier de Montréal, plusieurs propriétaires ont porté plainte suite à l’annonce de la construction d’un immeuble dédié aux logements sociaux : la proximité de ces <i>pauvres</i> allait diminuer la valeur de leurs propriétés…</p>
<p style="text-align:justify;">Alors, qu’en est-il de la pauvreté aujourd’hui ? Cette question, je n&rsquo;ai cessé de me la poser tout au long des mes séjours aux Comores et au Cap-Vert (1988-1994), dans ces pays où les gens sont pauvres comme nous-mêmes nous l’étions dans certains quartiers de Montréal dans les années 1950. En clair, cela signifie que, tout comme nous, ils avaient à manger, sans pourtant être en mesure de s’offrir certaines choses au quotidien ; qu’ils étaient logés, sans pour autant posséder les meubles les plus chics ; qu’ils pouvaient permettre à leurs enfants d’aller à l’école, même si les études supérieures exigeaient un lourd sacrifice pour les parents. Surtout, comme nous-mêmes, malgré leur pauvreté, ils faisaient partie prenante d’une civilisation dans laquelle, collectivement, ils se reconnaissaient, partageant un ensemble de valeurs collectives qui leur permettaient de vivre dans une relative dignité.</p>
<p style="text-align:justify;">Aujourd’hui, la pauvreté a changé de visage ; elle arbore maintenant des aspects extrêmes : des sans-abris, des familles disloquées, des enfants abandonnés, etc. En fait, la pauvreté frappe de plein fouet ceux qui ne disposent d&rsquo;aucune structure de pensée pour soutenir leur existence, pour guider leurs actions. Autrement dit, la pauvreté est d&rsquo;abord culturelle – culture étant pris ici dans son sens originel, soit celui de civilisation. La pauvreté n’est plus tant économique que sociale. Elle est le lot des laissés pour compte, des toxicomanes, des hommes ou des femmes en situation de chef de famille monoparentale, un concept utile pour ceux qui cherchent à masquer le phénomène de plus en plus inquiétant de l’abandon des enfants par leurs parents, particulièrement par leurs pères. Bref, les pauvres d’aujourd’hui sont les victimes d’une civilisation qui a rompu avec ses fondements.</p>
<p style="text-align:justify;">Mais ces pauvres sont-ils autant démunis que ceux que l’on retrouve aux Comores, au Cap-Vert ou dans un quelconque pays du Sud ? Je ne le crois pas… car, à mon avis, les seules personnes vraiment victimes de la pauvreté, en état de <i>manque</i> quasi permanent, sont les personnes âgées qui ne sont plus en mesure de générer des revenus pour survivre et qui sont, la plupart du temps, abandonnés par leur famille. Ceux-là sont vraiment pauvres&#8230; au point d’en mourir. L’écrivain français J.M.G. Le Clézio, prix Nobel de littérature en 2008, ne s’y est d’ailleurs pas trompé. Dans un entretien qu’il accordait au <i>Magazine littéraire</i> en novembre 2008 (p. 99), il disait : « Je pense qu’il est difficile d’imaginer pire chose que la détresse d’une personne âgée, seule dans une ville, vivant presque sans rien, dans un taudis […] On retrouve régulièrement des gens de 70-80 ans, morts de faim, dans des réduits insalubres, qui n’ont pas osé demander de l’aide ». La canicule de l’été 2003 en France lui a donné raison : on retrouva, une fois la situation climatique revenue à la normale, des centaines de vieux morts dans des appartements parisiens. Personne ne s’était inquiété d’eux.</p>
<p style="text-align:justify;">Quant aux autres, les pauvres des sociétés occidentales, je persiste à déclarer que leur pauvreté est d’abord et avant tout culturelle, un <i>manque</i> qui les empêche de vivre dans la dignité. J&rsquo;entends le bruit de ceux qui s&rsquo;apprêtent à monter aux barricades. Qu&rsquo;ils y montent&#8230; J&rsquo;ai vécu avec moins de 1000 dollars par mois de 18 à 37 ans. Je n&rsquo;avais alors ni maison ni voiture ni meuble dignes de ce nom, mais je n&rsquo;étais certes pas <i>pauvre</i>&#8230; Je vois maintenant des jeunes, avec tous les gadgets électroniques en vogue, qui s&rsquo;enfoncent irrémédiablement dans la pauvreté, ces jeunes dans des quartiers près de chez nous&#8230; à l’ombre des écoles, des bibliothèques et des musées qu’ils ne fréquentent pas. Alors, je pose la question : comment peut-on être <i>pauvre</i> quand on a un ordinateur à la maison et un <i>smartphone</i> dans sa poche ? Comment peut-on être <i>pauvre</i> quand on a au bout des doigts Wikipédia, Gallica, BanQ, etc. ?</p>
<p style="text-align:justify;">Si manger n’est pas un problème, vivre en est un, assurément, et la pauvreté revêt un autre visage. Un membre d’une famille africaine, malgré le manque matériel, vit indéniablement mieux qu’un ressortissant d’une famille disloquée d’un quartier « sensible » d’une société occidentale.</p>
<p style="text-align:justify;">Le manque est ailleurs ; la pauvreté aussi.</p>
<p style="text-align:center;">o0o</p>
<p style="text-align:left;">Cette &quot;définition&quot; est un extrait d&rsquo;un ouvrage à paraître chez ÉLP éditeur à l&rsquo;automne 2013 qui s&rsquo;intitulera <em>Ces mots qu&rsquo;on ne cherche pas</em>.</p>
<br />  <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/danielducharme.wordpress.com/981/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/danielducharme.wordpress.com/981/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=danielducharme.wordpress.com&#038;blog=4604422&#038;post=981&#038;subd=danielducharme&#038;ref=&#038;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://danielducharme.wordpress.com/2013/04/21/042-quest-ce-que-la-pauvrete/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
	
		<media:content url="http://0.gravatar.com/avatar/6988e8a00a0aec8a0e6e7ea22f4cf3ad?s=96&#38;d=identicon&#38;r=G" medium="image">
			<media:title type="html">Ducharme</media:title>
		</media:content>
	</item>
		<item>
		<title>041 &#8211; Lecture de Balzac:  2. Les Notes de Francois Bon</title>
		<link>http://danielducharme.wordpress.com/2013/04/09/041-lecture-de-balzac-2-les-notes-de-francois-bon/</link>
		<comments>http://danielducharme.wordpress.com/2013/04/09/041-lecture-de-balzac-2-les-notes-de-francois-bon/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 09 Apr 2013 13:14:08 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Daniel Ducharme</dc:creator>
				<category><![CDATA[Critique littéraire]]></category>
		<category><![CDATA[Fraçois Bon]]></category>
		<category><![CDATA[Honoré de Balzac]]></category>
		<category><![CDATA[Notes sur Balzac]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://danielducharme.wordpress.com/?p=977</guid>
		<description><![CDATA[J&#8217;ai débuté en février 2013 une série de billets sur ma lecture de Balzac. Vous n’êtes pas sans savoir que cet immense écrivain français souffre d&#8217;un problème d&#8217;image. Enfin&#8230; c&#8217;est ce qu&#8217;on dirait, aujourd&#8217;hui, si Balzac était de notre temps. En février dernier, donc, j&#8217;ai rédigé un compte rendu succinct de trois œuvres &#8211; La [&#8230;]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=danielducharme.wordpress.com&#038;blog=4604422&#038;post=977&#038;subd=danielducharme&#038;ref=&#038;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align:justify;">J&rsquo;ai débuté en février 2013 <a href="//danielducharme.wordpress.com/2013/02/17/032-lecture-de-balzac-1-la-recherche-de-labsolu-les-proscrits-louis-lambert/" target="_blank">une série de billets sur ma lecture de Balzac</a>. Vous n’êtes pas sans savoir que cet immense écrivain français souffre d&rsquo;un problème d&rsquo;image. Enfin&#8230; c&rsquo;est ce qu&rsquo;on dirait, aujourd&rsquo;hui, si Balzac était de notre temps. En février dernier, donc, j&rsquo;ai rédigé un compte rendu succinct de trois œuvres &#8211; <i>La recherche de l&rsquo;absolu</i>, <i>Les proscrits</i> et <i>Louis Lambert</i> -, toutes rattachées aux <i>Études philosophiques</i> que je (re)lis dans son intégralité. Récemment j&rsquo;ai lu <i>La peau de chagrin</i> (1831) et je m&rsquo;apprête à commencer <i>Melmoth réconcilié</i> (1838). J&rsquo;y reviendrai plus tard au cours d&rsquo;un prochain billet. Entretemps, histoire de faire une pause, je me suis offert les <i>Notes sur Balzac</i> de François Bon publiées chez Publie.net en 2008 mais qui, selon ce que j’ai pu décoder dans le texte, auraient été rédigées quelques années plus tôt.</p>
<p style="text-align:justify;">Disons-le d’emblée, cet ouvrage n’est ni un essai ni une biographie, mais bien des <i>notes</i>… François Bon en a rédigées vingt-huit au total. Certaines font trois quarts de page, d’autres presque deux pages, mais jamais plus.</p>
<p style="text-align:justify;">Le problème d’image de Balzac, François Bon le règle dès la note 5 : « Dans les manuels scolaires devrait être interdite la phrase éculée, « le réalisme de Balzac », avec l’accent inspiré sur le <i>isme</i> des gens qui savent. Son rapport au roman, Balzac l’invente dans récits brefs, à teneur fantastique, chacun de ces joyaux s’attelant précisément à une des frontières récit/réel. » Qu’on se le tienne pour dit : Balzac n’est pas un écrivain réaliste… Au contraire même, plusieurs de ses œuvres pourraient être qualifiées de fantastiques.</p>
<p style="text-align:justify;">Autre chose qui m’a plu dans ces <i>notes </i>: le rapport à Proust, mon écrivain de prédilection. En effet, jamais je n’aurais pu établir de lien entre Balzac et Proust. Bon le fait, lui, à plusieurs occasions. Il le fait parce qu’il a lu et relu Balzac plus que toute autre personne et que, bien entendu, il connaît Proust. À ce propos, je vous invite à lire son <a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article3416" target="_blank"><i>Proust est une fiction</i></a> sur Le Tiers livre.</p>
<p style="text-align:justify;">J&rsquo;ai aimé ces <i>Notes sur Balzac</i>, non pas pour les informations qu&rsquo;elles fournissent sur Balzac lui-même, mais plutôt parce qu&rsquo;elles sont une manifestation concrète de ce que la littérature peut être autre chose qu&rsquo;un divertissement. La littérature, en l&rsquo;occurrence l&rsquo;œuvre de Balzac, accompagne notre vie au quotidien : c&rsquo;est une activité qui aide à vivre.</p>
<p style="text-align:justify;">François Bon débute et termine ces <i>notes</i> par une citation de Balzac tirée de <em>Louis Lambert</em> : « Toute poésie procède d’une rapide vision des choses ». Je vous laisse méditer cette phrase… ou à vous rendre à la note 28 de cet ouvrage pour en tirer un enseignement.</p>
<p style="text-align:center;">o0o</p>
<p style="text-align:justify;">François Bon. <i>Notes sur Balzac</i>, publie.net, 2008. Disponible à la Librairie <a href="http://librairie.immateriel.fr/fr/ebook/9782814500310/notes-sur-balzac" target="_blank">Immatériel.fr</a> et sur toutes les plateformes.</p>
<br />  <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/danielducharme.wordpress.com/977/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/danielducharme.wordpress.com/977/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=danielducharme.wordpress.com&#038;blog=4604422&#038;post=977&#038;subd=danielducharme&#038;ref=&#038;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://danielducharme.wordpress.com/2013/04/09/041-lecture-de-balzac-2-les-notes-de-francois-bon/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
	
		<media:content url="http://0.gravatar.com/avatar/6988e8a00a0aec8a0e6e7ea22f4cf3ad?s=96&#38;d=identicon&#38;r=G" medium="image">
			<media:title type="html">Ducharme</media:title>
		</media:content>
	</item>
		<item>
		<title>040 &#8211; Cinquante micro nouvelles, cinquante auteurs</title>
		<link>http://danielducharme.wordpress.com/2013/04/07/040-cinquante-micro-nouvelles-cinquante-auteurs/</link>
		<comments>http://danielducharme.wordpress.com/2013/04/07/040-cinquante-micro-nouvelles-cinquante-auteurs/#comments</comments>
		<pubDate>Sat, 06 Apr 2013 21:12:16 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Daniel Ducharme</dc:creator>
				<category><![CDATA[Critique littéraire]]></category>
		<category><![CDATA[Edition numérique]]></category>
		<category><![CDATA[Promotion]]></category>
		<category><![CDATA[Thierry Crouzet]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://danielducharme.wordpress.com/?p=973</guid>
		<description><![CDATA[Sur son blogue, Thierry Crouzet annonce la parution de 50 micro nouvelles, 50 auteurs. Cet ouvrage est disponible à titre gratuit sur toutes les plateformes. Pour ceux qui n&#8217;aiment pas trop s&#8217;agiter, voici le lien vers la librairie Immatériel.ca où vous pourrez le télécharger. Cet ebook, donc, présente cinquante œuvres écrites par autant d&#8217;auteurs. Crouzet emploie [&#8230;]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=danielducharme.wordpress.com&#038;blog=4604422&#038;post=973&#038;subd=danielducharme&#038;ref=&#038;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align:justify;"><a href="http://danielducharme.files.wordpress.com/2013/04/cinquante.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-974" alt="cinquante" src="http://danielducharme.files.wordpress.com/2013/04/cinquante.jpg?w=225&#038;h=300" width="225" height="300" /></a>Sur son blogue, <a href="http://blog.tcrouzet.om/2013/04/03/50-micronouvelles-50-auteurs/" target="_blank">Thierry Crouzet annonce la parution</a> de <i>50 micro nouvelles, 50 auteurs</i>. Cet ouvrage est disponible à titre gratuit sur toutes les plateformes. Pour ceux qui n&rsquo;aiment pas trop s&rsquo;agiter, <a href="http://librairie.immateriel.fr/fr/ebook/9782919358496/50-micronouvelles" target="_blank">voici le lien vers la librairie Immatériel.ca</a> où vous pourrez le télécharger. Cet ebook, donc, présente cinquante œuvres écrites par autant d&rsquo;auteurs. Crouzet emploie l&rsquo;expression « micro nouvelle » pour qualifier ces textes. Personnellement, je  la trouve légèrement abusive. « Nano nouvelle » serait sans doute plus approprié puisque chaque texte compte un maximum de 140 caractères, la limite autorisée par Twitter. Bref, vous l&rsquo;aurez compris, il s&rsquo;agit de tweets.</p>
<p style="text-align:justify;">Que penser de cet ouvrage? Du bien, bien entendu, car il démontre hors de tout doute la prouesse littéraire de plusieurs de ces auteurs. En effet, comment construire une « histoire » en 140 caractères qui suscite de l’intérêt pour le lecteur ? Impossible de raconter quoi que ce soit dans un espace si limité… mais cette contrainte contribue à démontrer le pouvoir évocateur des mots et, de ce point de vue, l’ouvrage est une réussite.</p>
<p style="text-align:justify;">Mais la diffusion de cet ouvrage obéit aussi à deux fins promotionnelles bien distinctes : 1) Le lancement de <i>La quatrième théorie</i>, un thriller contemporain de Thierry Crouzet publié chez Fayard. Disponible tant en papier qu’en numérique, ce roman a été entièrement composé sur Twitter sur une période de seize mois. Pour en savoir davantage sur cette œuvre, et pour en télécharger un extrait, je vous invite <a href="http://blog.tcrouzet.com/la-quatrieme-theorie/" target="_blank">à consulter le blogue de l’auteur</a>. 2) Chacun des tweets des cinquante auteurs est précédé d’une image qui constitue, en fait, un lien vers une page  d’un site Web ou d’un blogue de ces auteurs. Une façon comme une autre de « rémunérer » leur participation à ce projet qui devient ainsi une occasion de faire connaître leurs travaux.</p>
<p style="text-align:justify;">Les auteurs numériques se butent à de nombreuses difficultés pour faire la promotion de leurs ouvrages. Généralement boudé par les grands médias, ils doivent se tourner vers les réseaux sociaux. C’est ce que Thierry Crouzet fait et je suis heureux d’appuyer ses efforts par la rédaction de ce billet diffusé sur mon modeste blogue.</p>
<br />  <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/danielducharme.wordpress.com/973/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/danielducharme.wordpress.com/973/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=danielducharme.wordpress.com&#038;blog=4604422&#038;post=973&#038;subd=danielducharme&#038;ref=&#038;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://danielducharme.wordpress.com/2013/04/07/040-cinquante-micro-nouvelles-cinquante-auteurs/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>1</slash:comments>
	
		<media:content url="http://0.gravatar.com/avatar/6988e8a00a0aec8a0e6e7ea22f4cf3ad?s=96&#38;d=identicon&#38;r=G" medium="image">
			<media:title type="html">Ducharme</media:title>
		</media:content>

		<media:content url="http://danielducharme.files.wordpress.com/2013/04/cinquante.jpg?w=225" medium="image">
			<media:title type="html">cinquante</media:title>
		</media:content>
	</item>
		<item>
		<title>039 &#8211; Le lever du matin (Un vendredi dans la fonction publique 1)</title>
		<link>http://danielducharme.wordpress.com/2013/03/31/039-le-lever-du-matin-un-vendredi-dans-la-fonction-publique-1/</link>
		<comments>http://danielducharme.wordpress.com/2013/03/31/039-le-lever-du-matin-un-vendredi-dans-la-fonction-publique-1/#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 31 Mar 2013 13:49:13 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Daniel Ducharme</dc:creator>
				<category><![CDATA[Microfictions]]></category>
		<category><![CDATA[Un vendredi dans la fonction publique]]></category>
		<category><![CDATA[Twittérature]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://danielducharme.wordpress.com/?p=970</guid>
		<description><![CDATA[Ce samedi le 30 mars 2013, j’ai déposé sur Twitter (@danielducharme) le premier chapitre d’un roman intitulé Un vendredi dans la fonction publique. Il s’agit d’un essai de twittérature… Ce premier chapitre a exigé vingt tweets. Il s’agit d’une expérimentation que je confie à vos regards critiques. o0o 000 – Un vendredi dans la fonction [&#8230;]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=danielducharme.wordpress.com&#038;blog=4604422&#038;post=970&#038;subd=danielducharme&#038;ref=&#038;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align:justify;">Ce samedi le 30 mars 2013, j’ai déposé sur Twitter (@danielducharme) le premier chapitre d’un roman intitulé <i>Un vendredi dans la fonction publique</i>. Il s’agit d’un essai de twittérature… Ce premier chapitre a exigé vingt tweets. Il s’agit d’une expérimentation que je confie à vos regards critiques.</p>
<p align="center">o0o</p>
<p style="text-align:justify;">000 – Un vendredi dans la fonction publique. 1. Le lever du matin / roman twitté  par Daniel Ducharme</p>
<p style="text-align:justify;">001 – Ce matin, comme chaque matin, je me suis levé en n’ayant pas envie de le faire.</p>
<p style="text-align:justify;">002 – À peine la sonnerie du réveil a-t-elle retentie que je me suis tourné sur le côté, serrant très fort contre moi mon oreiller.</p>
<p style="text-align:justify;">003 – J&rsquo;aurais pu, bien entendu, tourner mon corps vieillissant de l&rsquo;autre côté, c&rsquo;est-à-dire du côté de mon épouse.</p>
<p style="text-align:justify;">004 – Mais je craignais de me rendormir aussitôt, rêvant de cette vedette de cinéma qui, vue la veille au soir dans un film…</p>
<p style="text-align:justify;">005 &#8211; … me faisait une fellation comme rarement une femme m&rsquo;en a faite dans mon existence.</p>
<p style="text-align:justify;">006 – Toujours contre l&rsquo;oreiller, j&rsquo;ai ouvert lentement un œil pour constater que le réveil indiquait six heures vingt-cinq.</p>
<p style="text-align:justify;">007 – Il était tôt, certes, mais pas si tôt non plus, compte tenu des innombrables tâches que je devais accomplir au cours de la journée.</p>
<p style="text-align:justify;">008 – J&rsquo;ai déplacé alors mon oreiller afin que je puisse y poser la tête et, là, les mains ramenées derrière ma nuque…</p>
<p style="text-align:justify;">009 – … j&rsquo;ai réfléchi un moment en fixant mon regard vers le plafond, histoire de traîner quelques minutes de plus.</p>
<p style="text-align:justify;">010 – Comme si, en repoussant l’échéance du lever, je m’accordais un répit, un peu comme la dernière cigarette du condamné.</p>
<p style="text-align:justify;">011 – À quoi suis-je donc condamné? À mort, bien sûr, comme tout le monde… car la mort viendra, n’est-ce pas ?</p>
<p style="text-align:justify;">012 – Elle viendra tôt ou tard, quand le temps sera venu qu’elle vienne. Mais pour le moment, je suis surtout condamné à vivre…</p>
<p style="text-align:justify;">013 – … et, par les temps qui courent, vivre ne signifie qu’une suite sans fin de tâches à accomplir, jour après jour, mois après mois…</p>
<p style="text-align:justify;">014 – … sans que rien ni personne puisse y changer quoi que ce soit.</p>
<p style="text-align:justify;">015 – Aussi,  dès que j’aurai posé les pieds hors du lit, je devrai, dans l’ordre, faire le café, prendre une douche, me repasser une chemise…</p>
<p style="text-align:justify;">016 – … m’habiller sans faire de bruit, réveiller mes enfants, faire le petit-déjeuner, manger rapidement debout sur le comptoir…</p>
<p style="text-align:justify;">017 – … m’assurer que mes enfants mangent à leur tour, me raser, embrasser ma femme qui, elle, dort encore, démarrer la voiture…</p>
<p style="text-align:justify;">018 –  … conduire mon fils et ma fille à l’école, me rendre au bureau où, une fois sur place, une autre suite de tâches m’attend…</p>
<p style="text-align:justify;">019 – Qui donc a envie de se lever dans ces circonstances ?</p>
<p style="text-align:justify;">020 &#8211; Un vendredi dans la fonction publique: fin du chapitre 1</p>
<br />  <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/danielducharme.wordpress.com/970/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/danielducharme.wordpress.com/970/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=danielducharme.wordpress.com&#038;blog=4604422&#038;post=970&#038;subd=danielducharme&#038;ref=&#038;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://danielducharme.wordpress.com/2013/03/31/039-le-lever-du-matin-un-vendredi-dans-la-fonction-publique-1/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>2</slash:comments>
	
		<media:content url="http://0.gravatar.com/avatar/6988e8a00a0aec8a0e6e7ea22f4cf3ad?s=96&#38;d=identicon&#38;r=G" medium="image">
			<media:title type="html">Ducharme</media:title>
		</media:content>
	</item>
		<item>
		<title>038 &#8211; Un passage ambigu du Bout de l&#8217;île</title>
		<link>http://danielducharme.wordpress.com/2013/03/25/038-un-passage-ambigu-du-bout-de-lile/</link>
		<comments>http://danielducharme.wordpress.com/2013/03/25/038-un-passage-ambigu-du-bout-de-lile/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 25 Mar 2013 01:23:51 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Daniel Ducharme</dc:creator>
				<category><![CDATA[Création littéraire]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Le bout de l'île]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://danielducharme.wordpress.com/?p=966</guid>
		<description><![CDATA[Le bout de l’île n’est pas un roman autobiographique. Certes, les personnages sont décrits à partir de modèles humains qui ont sans doute existé, du moins pour un certain nombre d’entre eux, mais, une fois ce fait concédé, il n’y a plus rien d’authentique dans ce récit qui illustre le passage de l’enfance à l’adolescence [&#8230;]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=danielducharme.wordpress.com&#038;blog=4604422&#038;post=966&#038;subd=danielducharme&#038;ref=&#038;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align:justify;"><i>Le bout de l’île</i> n’est pas un roman autobiographique. Certes, les personnages sont décrits à partir de modèles humains qui ont sans doute existé, du moins pour un certain nombre d’entre eux, mais, une fois ce fait concédé, il n’y a plus rien d’authentique dans ce récit qui illustre le passage de l’enfance à l’adolescence d’un fils d’ouvrier de l’est de Montréal à la toute fin des années soixante. Tout le reste, intrigues et dialogues, relève de l’invention pure. Il s’agit donc d’un roman. Point trait.</p>
<p>Néanmoins, un passage ambigu de ce roman a suscité les confidences de deux amis que j’ai connus à l’époque et qui, après avoir lu mon roman, m’ont contacté. Ce passage se trouve au milieu du deuxième chapitre, juste après que Piché ait eu le nez cassé, résultat d’un ballon lancé avec force – et sans doute intentionnellement – par Pouliot. Voici l’extrait :</p>
<p style="text-align:justify;"><i>Pendant qu’on s’occupait de Piché, j’entendis madame Signori dire : « En classe, les enfants ! Ne vous en faites pas, Piché s’en remettra. À cet âge-là, on se remet de tout. » En effet, à cet âge-là, on se remettait de tout et, en disant cela, madame Signori se situait tout à fait dans le ton d’une époque qui croyait dur comme fer que la jeunesse pouvait en prendre, que cela faisait même partie de son apprentissage d’être capable d’en prendre&#8230; Bien entendu, Piché se remettrait de son nez cassé, tout comme il s’était remis des nombreux coups que lui avait assénés son père lors du dernier bulletin, et tout </i><i>comme il se remettra des agressions sexuelles que son professeur de géographie lui fera subir, deux ans plus tard, a l</i><i>’</i><i>école secondaire</i><i>…</i></p>
<p style="text-align:justify;">Ici, il convient de souligner une anomalie. J&rsquo;ai parlé <i>d’agressions sexuelles</i>, un concept inconnu en 1969, année où se déroule ce récit. Il s’agit d’une erreur que j’aurais dû relever puisque cela confère un caractère anachronique au roman. Mais il est vrai aussi que, dans ce passage, il est difficile de situer la frontière entre les événements, qui se déroulent à une période déterminée de l’histoire, et leur narration qui n’est pas toujours contemporaine au récit. Par ailleurs, comme me l’a fait remarquer Paul Laurendeau à qui j’ai demandé de relire ce billet, le terme <i>agressions sexuelles </i>est neutre, général, plus ancien qu&rsquo;on ne le croit, pas technique, comme le serait, par exemple, <i>pédophilie</i>. Quant au penchant d’un professeur de géographie pour les adolescents, je l’ai relevé comme ça, d’instinct, sans savoir s’il y avait eu agressions sexuelles ou non.</p>
<p style="text-align:justify;">Peu importe, ce que je voudrais signaler ici, c’est que ce passage du <i>Bout de l’île</i> a déclenché les confidences de deux camarades. Deux camarades que je n’avais pas revus depuis longtemps et qui, précisions-le, ne se connaissaient pas entre eux (le premier est plus âgé que le second d’une bonne année et n’a pas fréquenté la même école secondaire). Donc, le seul fait de lire mon roman, et plus particulièrement ce passage, les a interpellés au point qu’ils ont cru nécessaire, des dizaines d’années plus tard, de venir m’en parler. Il ne s’agissait pas du même enseignant mais, dans les deux cas, il était question de pelotage, d’attouchement. Certes, ces faits sont troublants. Néanmoins, pour l’un comme pour l’autre, il n’était pas question de porter plainte. « Ce n’étais pas si grave », m’ont-ils dit à leur manière. Et il n’y a pas eu récidive, les enseignants n’ayant pas insisté au moment des faits, du moins pas avec eux… car qui sait si d’autres jeunes garçons n’ont pas été plus conciliants, intimidés par le rapport d’autorité qui les unissait à ces enseignants respectés ? Quoi qu&rsquo;il en soit, au tournant des années 1970, personne ne racontait ce genre de choses à ses parents…</p>
<p style="text-align:justify;">Je vous vois déjà crier aux pédophiles… Je n’aime pas le mot <i>pédophilie</i> parce que trop imprécis. Un adolescent n’est pas un enfant. Et un attouchement n’est pas un viol. Certes, les tarés qui cherchent à les agresser, je ne les aime pas. Mais je n’irais pas jusqu’à les qualifier de pédophiles. Il faut respecter ceux qui, tout en ayant besoin de se confier, n’ont certes pas envie de clamer haut et fort le fait qu’un homme plus âgé qu’eux les ait touchés. Parmi toutes les expériences vécues par des hommes et des femmes au cours de leur existence, certaines sont plus désagréables que d’autres. Et le choix de les taire leur appartient.</p>
<p style="text-align:justify;">Pour en savoir davantage sur <em>Le bout de l&rsquo;île</em> et pour en lire des extraits, veuillez <a href="http://www.elpediteur.com/auteurs/ducharme_dn/2011_ile.html" target="_blank">cliquer sur ce lien</a>.</p>
<br />  <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/danielducharme.wordpress.com/966/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/danielducharme.wordpress.com/966/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=danielducharme.wordpress.com&#038;blog=4604422&#038;post=966&#038;subd=danielducharme&#038;ref=&#038;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://danielducharme.wordpress.com/2013/03/25/038-un-passage-ambigu-du-bout-de-lile/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
	
		<media:content url="http://0.gravatar.com/avatar/6988e8a00a0aec8a0e6e7ea22f4cf3ad?s=96&#38;d=identicon&#38;r=G" medium="image">
			<media:title type="html">Ducharme</media:title>
		</media:content>
	</item>
		<item>
		<title>037 &#8211; Du blog(ue) à l&#8217;ebook</title>
		<link>http://danielducharme.wordpress.com/2013/03/17/037-du-blogue-a-lebook/</link>
		<comments>http://danielducharme.wordpress.com/2013/03/17/037-du-blogue-a-lebook/#comments</comments>
		<pubDate>Sat, 16 Mar 2013 21:42:56 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Daniel Ducharme</dc:creator>
				<category><![CDATA[Création littéraire]]></category>
		<category><![CDATA[Edition numérique]]></category>
		<category><![CDATA[Lecture numérique]]></category>
		<category><![CDATA[Blogue]]></category>
		<category><![CDATA[Laurent Margantin]]></category>
		<category><![CDATA[Thierry Crouzet]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://danielducharme.wordpress.com/?p=963</guid>
		<description><![CDATA[Au moment de rédiger la conclusion de mon billet Des romans à la pelle – « Il vaut mieux tenir un blog(ue) que d’écrire des romans imprimés que, en dehors du cercle restreint de vos parents et amis, personne ne lira. » –, j&#8217;ignorais tout du concept de blogbook que j’ai retrouvé sur le blogue de Laurent Margantin, l’auteur de l’essai [&#8230;]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=danielducharme.wordpress.com&#038;blog=4604422&#038;post=963&#038;subd=danielducharme&#038;ref=&#038;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align:justify;">Au moment de rédiger la conclusion de mon billet <a href="https://danielducharme.wordpress.com/2012/11/22/011-des-romans-a-la-pelle/" target="_blank"><i>Des</i> <i>romans</i> <i>à</i> <i>la</i> <i>pelle </i></a>– « Il vaut mieux tenir un blog(ue) que d’écrire des romans imprimés que, en dehors du cercle restreint de vos parents et amis, personne ne lira. » –, j&rsquo;ignorais tout du concept de blogbook que j’ai retrouvé sur <a href="http://www.oeuvresouvertes.net/spip.php?article1926" target="_blank">le blogue de Laurent Margantin</a>, l’auteur de l’essai poétique inclassable intitulé <i>Insulaires</i> (Publie.net 2011). Un beau texte tout en douceur que je vous conseille vivement. Mais qu&rsquo;en est-il du blogbook ? L&rsquo;auteur avance essentiellement que nos tablettes ont fait du blogue des livres à part entière. Et il n&rsquo;a pas tort.</p>
<p style="text-align:justify;">Aux trop nombreuses personnes qui prétendent que les jeunes ne lisent plus parce qu&rsquo;ils n&rsquo;ont pas de « livres » à la main, je réponds que la lecture de blogues constitue une activité littéraire aussi enrichissante que celle des textes imprimés. En effet, la blogosphère est riche en écrits de toutes sortes. À partir d&rsquo;un compte Twitter, toute personne a la possibilité de s&rsquo;abonner aux milliers d&rsquo;écrivains, poètes et essayistes que compte la Francophonie pour ainsi passer des heures et des heures à lire des textes. Certes, ils ne sont pas tous de la même qualité, mais cela ne diffère pas des livres achetés en librairie ou empruntés à la bibliothèque. À lui seul le blogue de François Bon,  <a href="http://www.tierslivre.net/" target="_blank">Le Tiers livre,</a> vaut le détour, croyez-moi. Bref, il y en a pour tous les goûts dans la blogosphère.</p>
<p style="text-align:justify;">Selon Laurent Margantin, la création littéraire débute d&rsquo;abord par le blogue. Ensuite vient l&rsquo;ebook (livre numérique) et, en tout dernier, le livre imprimé. Il écrit : « Le bouquin papier  est la dernière chose à lire, n’intéresse que les commerçants, libraires et critiques, vieux monde croulant. »  On aura déjà compris que l&rsquo;auteur tient le blogue en haute estime puisqu&rsquo;il représente ni plus ni moins que la source de la création. En effet, le blogue est un lieu d&rsquo;expression à la portée de tous. N&rsquo;importe qui peut s&rsquo;en ouvrir un et commencer à écrire ce qui lui fait envie. Sera-t-il lu par beaucoup de gens? Certainement pas moins que s&rsquo;il avait publié ses écrits&#8230;</p>
<p style="text-align:justify;">Mais le blogue pose néanmoins un problème : celui de la pérennité de l’écrit. En effet, les billets s&rsquo;accumulent et, avec les années, le risque de perte ou d’abandon s&rsquo;accroît. Thierry Crouzet l&rsquo;a compris et, dans son billet <i>Le blog, une pratique dépassée</i>, il suggère de ne pas tarder de passer du blogue à l&rsquo;ebook. Pour ce faire, il a même mis au point <a href="http://blog.tcrouzet.com/wp2epub/" target="_blank">un plugin pour WordPress</a> qui permet de convertir une série de billets d&rsquo;un blogue en un ebook de format ePub. Je n’ai pas testé le résultat… mais, enfin, cela vaut la peine d&rsquo;essayer.</p>
<p style="text-align:justify;">En tant que membre de l&rsquo;équipe de direction d&rsquo;ÉLP éditeur, je me permets de passer au &quot;nous&quot; pour annoncer que nous publierons bientôt l’intégralité des 59 billets d&rsquo;un blogue diffusé entre 2011 et 2012: <em>Sérendipité et autres curiosités</em>, un essai sur la société de l&rsquo;information dont l&rsquo;auteur est Marie-Anne Chabin. Cela constituera un exemple éloquent du passage réussi du blogbook à l&rsquo;ebook.</p>
<br />  <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/danielducharme.wordpress.com/963/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/danielducharme.wordpress.com/963/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=danielducharme.wordpress.com&#038;blog=4604422&#038;post=963&#038;subd=danielducharme&#038;ref=&#038;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://danielducharme.wordpress.com/2013/03/17/037-du-blogue-a-lebook/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
	
		<media:content url="http://0.gravatar.com/avatar/6988e8a00a0aec8a0e6e7ea22f4cf3ad?s=96&#38;d=identicon&#38;r=G" medium="image">
			<media:title type="html">Ducharme</media:title>
		</media:content>
	</item>
		<item>
		<title>036 &#8211; Paul Laurendeau : Le thaumaturge et le comédien (Le Cycle domanial 1)</title>
		<link>http://danielducharme.wordpress.com/2013/03/10/036-paul-laurendeau-le-thaumaturge-et-le-comedien-le-cycle-domanial-1/</link>
		<comments>http://danielducharme.wordpress.com/2013/03/10/036-paul-laurendeau-le-thaumaturge-et-le-comedien-le-cycle-domanial-1/#comments</comments>
		<pubDate>Sat, 09 Mar 2013 21:36:56 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Daniel Ducharme</dc:creator>
				<category><![CDATA[Critique littéraire]]></category>
		<category><![CDATA[Le Cycle domanial]]></category>
		<category><![CDATA[Le thaumaturge et le comédien]]></category>
		<category><![CDATA[Paul Laurendeau]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://danielducharme.wordpress.com/?p=959</guid>
		<description><![CDATA[Le thaumaturge et le comédien constitue le premier volet du Cycle domanial de Paul Laurendeau dont les trois volumes viennent d’être publiés chez ÉLP éditeur. En 2008, les Écrits francs (Montréal) avait publié le version papier du Thaumaturge. Quand cette petite maison d’édition a cessé ces activités en 2011, l’auteur en a repris les droits [&#8230;]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=danielducharme.wordpress.com&#038;blog=4604422&#038;post=959&#038;subd=danielducharme&#038;ref=&#038;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align:justify;"><i><a href="http://danielducharme.files.wordpress.com/2013/03/cover_laurendeau_domanial1.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-960" alt="cover_laurendeau_domanial1" src="http://danielducharme.files.wordpress.com/2013/03/cover_laurendeau_domanial1.jpg?w=225&#038;h=300" width="225" height="300" /></a>Le thaumaturge et le comédien</i> constitue le premier volet du <i>Cycle domanial</i> de Paul Laurendeau dont les trois volumes viennent d’être publiés chez ÉLP éditeur. En 2008, les Écrits francs (Montréal) avait publié le version papier du <i>Thaumaturge</i>. Quand cette petite maison d’édition a cessé ces activités en 2011, l’auteur en a repris les droits et nous a soumis l’ouvrage que l’équipe d’ÉLP, enthousiasmé par la lecture de l’œuvre, a publié d’un seul coup en mars 2013. En octobre 2008, j’avais publié un compte rendu de cet ouvrage. C’est celui-ci que je reprends, en lui apportant les modifications nécessaires, dans les lignes qui suivent.</p>
<p style="text-align:justify;">Ce cycle prend le qualificatif de <i>domanial</i>, du nom du Domaine, pays tout droit sorti de l’imagination débordante de Paul Laurendeau, auquel s’ajoutent des contrées comme le Centre, la Périphérie, et mêmes quelques Pogroms. Cette entrée en matière vous indique déjà que lire Paul Laurendeau, c’est pénétrer un monde insolite dans lequel vous vous sentirez vite familier, toutefois, à la condition expresse que vous acceptiez de vous dépouiller de ces valeurs vieillies, éculées – comme la jalousie, l’autoculpabilité, l’hétérosexualité dominante, etc. – qui ont toujours cours aujourd’hui.  Lire Paul Laurendeau, cela suppose aussi que vous soyez prêts à modifier de fond en comble vos habitudes langagières pour renouer avec cette langue française d’Ancien Régime où des mots comme <i>albâtre, féale, rotacteur, puîné, coryphée</i> et combien d’autres sont monnaie courante.</p>
<p style="text-align:justify;">Le roman est subdivisé en deux parties distinctes. Dans la première, Rosèle Paléologue, première dame de compagnie de Dulciane, une Centriote qui, pour des raisons d’alliance entre royaumes, est devenue bien malgré elle l’épouse de Ludovor, roi du Domaine, raconte la chute du royaume Domanial à son arrière-petite-fille. On apprend alors que Cyprien, le fils du couple régnant, se meurt et que, pour le sauver, Ludovor fait appel à un thaumaturge du nom de Cégismond Novice, une espèce de Raspoutine en plus grossier qui parvient néanmoins à guérir le dauphin. Le tout pourrait s’arrêter là si ce n’est l’étrange relation qui va se déployer entre le thaumartuge et la rainette Dulciane, d’une part, et entre cette dernière et Rosèle, d’autre part. La première relation est basée sur la violence car, à chaque visite du thaumaturge à la Rainette, celle-ci en ressort passablement abîmée par les agressions – sexuelles et autres – consenties par nulle autre qu’elle-même, sans qu’on n’en comprenne les raisons qui justifient cet étrange comportement. Quant à la seconde relation, elle repose sur l’amour dévoué, voire inconditionnel, que Rosèle voue à Dulciane, sans qu’il ne soit question de relations charnelles entre elles, le <i>saphisme</i> étant puni de mort en cette période archaïque de l’histoire du Domaine. Cette triple relation se déploie sur fond d’une révolution populaire à laquelle, d’ailleurs, la Rainette et sa dame de compagnie ne sont pas étrangères, et qui, à la fin de cette première partie, triomphera pour faire de l’ancien royaume la République Domaniale.</p>
<p style="text-align:justify;">Dans la seconde partie, Rosèle, l’arrière-petite-fille de Rosèle Paléogue, assume la narration du récit. Nous vivons depuis longtemps en république et les mœurs ont changé. Ainsi, elle partage sa vie avec Sylvane, son épouse, en toute légalité. Cinéaste, Rosèle entreprend de faire un film racontant l’histoire du thaumaturge, de son assassinat par Colas Irénée Polycarpe, plus ou moins le pantin de la rainette Dulciane, et de la chute du Royaume Domanial. Son film sera basé sur les témoignages de son arrière-grand-mère dont elle avait, encore enfant, enregistré la confession sur vidéo. Pour jouer le rôle du thaumaturge, elle fait appel à Jeannot Mésange, un comédien pour lequel elle éprouve des sentiments contradictoires… Cette seconde partie, située dans une époque fort éloignée de la première, permet d’éclaircir le comportement de Dulciane, de son amie Rosèle, du thaumaturge et, dans un effort remarquable d’imagination, de bien marquer la distance entre deux échelles de valeurs, l’ancienne et la nouvelle, sans qu’on parvienne à bien saisir si la première est supérieure à la seconde, et vice versa. Elle représente en quelque sorte une relecture de l’histoire, laquelle fera d’ailleurs scandale dans le milieu de l’histoire noyautée par la firme chargée de la <i>diffusion des traditions historiques</i>. Mais il n’y a pas que l’Histoire dans cette seconde partie : il y a aussi – et surtout – l’amour entre Rosèle et Sylvane, un amour qui, après avoir connu une épreuve, se renforcera…</p>
<p style="text-align:justify;">Quand j’ai eu terminé la lecture du <i>thaumaturge et le comédien</i>, un seul mot aurait pu traduire ce que j’ai ressenti: étonnement. En effet, j’ai été étonné qu’un roman aussi remarquablement bien construit n’ait pas trouvé d’éditeur au Québec et en France au milieu des années 2000. Étonné qu’un récit aussi bien ficelé n’ait pas suscité davantage d’intérêt. Étonné que la densité de ce roman, certes insolite, mais touchant à plus d’un égard, n’ait pas ému celui qui a la responsabilité de prendre la décision d’éditer, ou de ne pas éditer, ce qu’il reçoit et pour lequel il reçoit généralement des subsides de l’État. Étonné, enfin, car <i>Le thaumaturge et le comédien</i>, surtout en sa première partie, peut être qualifié sans problème de <i>bon roman</i>, si ce n’est de <i>grande littérature</i>, tellement le récit est fluide, enlevé et, bien entendu, d’un style superbement original. Bien entendu, je suis heureux qu’on ait pu le publier dans l’intégralité de ses trois volumes chez ÉLP éditeur.</p>
<p style="text-align:justify;">Paul Laurendeau est un ami, ce qui peut miner la portée critique de ce billet. Alors, la seule chose que je puisse ajouter pour vous convaincre de vous procurer <i>Le thaumaturge et le comédien</i>, c’est que je vous défie de lire ce roman sans en vous en <i>étonner</i>. Et l’étonnement, c’est la plus belle chose qui puisse encore vous arriver car, comme le dit Aristote, « le commencement de toutes les sciences, c&rsquo;est l&rsquo;étonnement de ce que les choses sont ce qu&rsquo;elles sont ». Avec Paul Laurendeau, nulle chose n’est ce qu’elle semble être…</p>
<p>Paul Laurendeau est né en 1958 dans la banlieue est de Montréal. Longtemps professeur de linguistique et lettres françaises à la York University de Toronto (Canada), il s’établit à Montréal. Il compte déjà plusieurs romans et recueils de nouvelles à son actif. Pour en savoir davantage, je vous invite à consulter sa <a href="http://www.elpediteur.com/auteurs/laurendeau_pl.html" target="_blank">page d’auteur </a>sur le site d’ÉLP éditeur.</p>
<p style="text-align:center;">o0o</p>
<p>Paul Laurendeau, <i>Le thaumaturge et le comédien</i> (Le Cycle domanial 1), ÉLP éditeur, 2013, 4,99 euros / 6,49$, disponible sur toutes les plateformes et, bien entendu, sans DRM à la <a href="http://librairie.immateriel.fr/fr/ebook/9782923916552/le-thaumaturge-et-le-comedien-le-cycle-domanial-1" target="_blank">librairie Immatériel</a>.</p>
<br />  <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/danielducharme.wordpress.com/959/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/danielducharme.wordpress.com/959/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=danielducharme.wordpress.com&#038;blog=4604422&#038;post=959&#038;subd=danielducharme&#038;ref=&#038;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://danielducharme.wordpress.com/2013/03/10/036-paul-laurendeau-le-thaumaturge-et-le-comedien-le-cycle-domanial-1/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
	
		<media:content url="http://0.gravatar.com/avatar/6988e8a00a0aec8a0e6e7ea22f4cf3ad?s=96&#38;d=identicon&#38;r=G" medium="image">
			<media:title type="html">Ducharme</media:title>
		</media:content>

		<media:content url="http://danielducharme.files.wordpress.com/2013/03/cover_laurendeau_domanial1.jpg?w=225" medium="image">
			<media:title type="html">cover_laurendeau_domanial1</media:title>
		</media:content>
	</item>
		<item>
		<title>035 &#8211; Françoise Hardy : Mon amie la rose</title>
		<link>http://danielducharme.wordpress.com/2013/03/04/035-francoise-hardy-mon-amie-la-rose/</link>
		<comments>http://danielducharme.wordpress.com/2013/03/04/035-francoise-hardy-mon-amie-la-rose/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 04 Mar 2013 02:32:20 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Daniel Ducharme</dc:creator>
				<category><![CDATA[Musique]]></category>
		<category><![CDATA[Chanson française]]></category>
		<category><![CDATA[Françoise Hardy]]></category>
		<category><![CDATA[Mon amie la rose]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://danielducharme.wordpress.com/?p=948</guid>
		<description><![CDATA[Seize ans après le Déclin de l’empire américain (1986), Denys Arcand réalise Les invasions barbares (2003), un film qui réunit les mêmes personnages que le Déclin et qui, comme celui-ci, connaît le succès au Québec et ailleurs dans le monde. Dans Les invasions barbares, Arcand décrit les méandres de l’agonie de Rémi, un professeur d’histoire [&#8230;]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=danielducharme.wordpress.com&#038;blog=4604422&#038;post=948&#038;subd=danielducharme&#038;ref=&#038;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align:justify;"><span class='embed-youtube' style='text-align:center; display: block;'><iframe class='youtube-player' type='text/html' width='420' height='315' src='http://www.youtube.com/embed/2ICFtXx546A?version=3&#038;rel=1&#038;fs=1&#038;showsearch=0&#038;showinfo=1&#038;iv_load_policy=1&#038;wmode=transparent' frameborder='0'></iframe></span></p>
<p style="text-align:justify;">Seize ans après le <a href="http://www.ecouterlirepenser.com/textes/pl_ci_declin_empire.htm" target="_blank"><i>Déclin de l’empire américain</i></a> (1986), Denys Arcand réalise <i>Les invasions barbares </i>(2003), un film qui réunit les mêmes personnages que le <i>Déclin</i> et qui, comme celui-ci, connaît le succès au Québec et ailleurs dans le monde. Dans <i>Les invasions barbares</i>, Arcand décrit les méandres de l’agonie de Rémi, un professeur d’histoire assez porté sur la chose qui, atteint d’un cancer incurable, vit ses derniers moments. Ne nous attardons pas sur cet excellent film pour nous consacrer sur sa fin qui nous montre Rémi alité, entouré de ses amis. Là, devant les yeux ébahis de ses camarades, il raconte que, pendant toute sa vie, il s’est endormi le soir avec, dans son lit, les plus belles femmes du monde. Parmi ces femmes, le nom de Françoise Hardy figure en tête de liste. C’est d’ailleurs sur la chanson <i>L’amitié</i> que se clôt ce film, une fort jolie chanson, d’ailleurs, un véritable hommage à l’amitié, cette forme privilégiée de la relation humaine.</p>
<p style="text-align:justify;">François Hardy représente à mes yeux l’archétype de la féminité française telle qu’on se l’imaginait à la fin des années 1960. À l’âge de douze ans, je pensais aussi à elle, le soir, avant de m’endormir. Plus tard, à l’âge adulte, j’ai fini par l’oublier comme on oublie toujours, ingrats que nous sommes, nos premières amours pour les remplacer par d’autres qui, en fin de compte, n’en valent pas vraiment la peine. Puis elle a fini par épouser Jacques Dutronc, ce qui a vraisemblablement eu pour effet de décourager les amoureux les plus tenaces…<br />
<tt></tt></p>
<p style="text-align:justify;">En toute honnêteté, à l’exception de <i>Tous les garçons et les filles de mon âge</i>, je ne connais pas bien les chansons de François Hardy. Après le visionnement des <i>Invasions barbares</i>, j’ai écouté <i>L’amitié</i> sur YouTube, de même que <i>Voilà</i>. Mais c’est <i>Mon amie la rose</i> qui retient toute mon attention. Après plusieurs écoutes, c’est celle-ci que j’ai envie de partager avec vous. Pourquoi? Tout simplement parce qu’il s’agit d’une chanson étonnante pour une jeune fille d’à peine vingt ans, assez superficielle au premier abord. Étonnante parce que <i>Mon amie la rose</i> aborde le thème, assez rare dans la chanson de variété, du vieillissement et de la mort. Voici ses dernières strophes :</p>
<p>On est bien peu de chose<br />
Et mon amie la rose<br />
Est morte ce matin<br />
La lune cette nuit<br />
A veillé mon amie<br />
Moi en rêve j&rsquo;ai vu<br />
Éblouissante et nue<br />
Son âme qui dansait<br />
Bien au-delà des nues<br />
Et qui me souriait<br />
Crois celui qui peut croire<br />
Moi, j&rsquo;ai besoin d&rsquo;espoir<br />
Sinon je ne suis rien<br />
Ou bien si peu de chose<br />
C&rsquo;est mon amie la rose<br />
Qui l&rsquo;a dit hier matin</p>
<p>Étonnant – n’est-ce pas? – de regarder une jeune femme, qui a toute la vie devant elle, chanter qu’elle est bien peu de chose et qu’elle finira poussière… Du coup, elle me plaît à nouveau, cette Françoise Hardy.</p>
<p style="text-align:justify;">Je vous invite à écouter <i>Mon amie la rose</i>, cette jolie chanson composée par Cécile Caulier et Jacques Lacombe en 1964.</p>
<br />  <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/danielducharme.wordpress.com/948/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/danielducharme.wordpress.com/948/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=danielducharme.wordpress.com&#038;blog=4604422&#038;post=948&#038;subd=danielducharme&#038;ref=&#038;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://danielducharme.wordpress.com/2013/03/04/035-francoise-hardy-mon-amie-la-rose/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
	
		<media:content url="http://0.gravatar.com/avatar/6988e8a00a0aec8a0e6e7ea22f4cf3ad?s=96&#38;d=identicon&#38;r=G" medium="image">
			<media:title type="html">Ducharme</media:title>
		</media:content>
	</item>
		<item>
		<title>034 &#8211; Mwaswili = l’arrivée (Comores 3)</title>
		<link>http://danielducharme.wordpress.com/2013/03/01/034-mwaswili-larrivee-comores-3/</link>
		<comments>http://danielducharme.wordpress.com/2013/03/01/034-mwaswili-larrivee-comores-3/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 28 Feb 2013 17:59:42 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Daniel Ducharme</dc:creator>
				<category><![CDATA[Comores]]></category>
		<category><![CDATA[Microfictions]]></category>
		<category><![CDATA[Archipel des Comores]]></category>
		<category><![CDATA[Coopération internationale]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://danielducharme.wordpress.com/?p=945</guid>
		<description><![CDATA[Je suis arrivé à Moroni, capitale des Comores, par un beau jour de printemps – je veux dire de notre printemps à nous car on aura déjà compris que la notion de saison n’a aucun sens dans ce pays tropical. À cette époque, Moroni était un gros bourg d’environ 20 000 habitants érigé au pied du Karthala, [&#8230;]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=danielducharme.wordpress.com&#038;blog=4604422&#038;post=945&#038;subd=danielducharme&#038;ref=&#038;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align:justify;">Je suis arrivé à Moroni, capitale des Comores, par un beau jour de printemps – je veux dire de notre printemps à nous car on aura déjà compris que la notion de saison n’a aucun sens dans ce pays tropical.</p>
<p style="text-align:justify;">À cette époque, Moroni était un gros bourg d’environ 20 000 habitants érigé au pied du Karthala, la plus haute montagne de l’archipel dont le sommet culmine à 2 000 mètres. Son volcan, toujours en activité, constitue une menace permanente avec laquelle on vit plutôt bien quand on est protégé par le <i>mwezi mgu</i> – le Dieu tout-puissant. Sans doute en raison de sa position géographique singulière, Moroni, qui signifie littéralement « sur le feu », bénéficie d’un microclimat assez agréable, bien que les pluies y soient  fort abondantes, même en saison sèche.</p>
<p style="text-align:justify;">En plus de son statut de capitale de l’archipel, Moroni est le chef-lieu de l’île de Ngazidja, appelée Grande-Comore par les Français, terme abhorré par les Comoriens des autres îles – Anjouan (Ndzuani) et Mohéli (Mwali) – qui refusent d’être considérés comme les habitants des « petites » Comores. Moroni compte de nombreux quartiers dont le mien – Zili Madju – situé sur la route d’Iconi, au sud de la ville.</p>
<p style="text-align:justify;">En sortant de l’avion ce jour-là, j’ai ressenti d’emblée une chaleur intense et humide qui s’est emparée de tout mon corps et qui a perduré pendant les trois semaines suivant mon arrivée. Jai descendu de l’avion, donc, en empruntant un escalier amovible qui donnait directement sur la piste inondée de soleil. J’avais chaud, suant à grosses gouttes dans mon complet cravate inapproprié à ce climat tropical.</p>
<p style="text-align:justify;">L’aéroport n’avait pas encore été modernisé et son look bancal ne correspondait pas à celui qu’on peut observer aujourd’hui. À mon arrivée, au milieu d’une foule bruyante, visiblement heureuse de revoir leurs connaissances de retour au pays, j’ai dû me présenter au personnel des autorités aéroportuaires, fort sympathique au demeurant. Avant même de débuter les formalités douanières, le responsable de la coopération canadienne, un gars à l’accent fortement néerlandais, a saisi mon passeport et, dans un geste d’autorité, a traversé la foule en criant :</p>
<p style="text-align:justify;">« S’il-vous-plaît, coopération canadienne, laissez passer ! »</p>
<p style="text-align:justify;">Cette intervention a grandement accéléré le processus de vérification des bagages qui, dans les faits, n’ont pas été contrôlés.</p>
<p style="text-align:justify;">Assez rapidement, je me suis retrouvé à bord d’un véhicule qui, en circulant sur la route encombrée d’hommes, de femmes, d’enfants et de chèvres, klaxonnait à tout moment pour se frayer un passage.</p>
<p style="text-align:justify;">J’avais chaud, engoncé dans mes habits que je ne remettrais jamais plus… Pendant ce trajet chaotique de l’aéroport à la ville, j’ai eu une pensée pour ceux que j’avais laissés derrière moi, à Montréal : « S’ils pouvaient voir ce que je vois… »  Une pensée fugace vite envolée tellement j’ouvrais grand les yeux devant le décor insolite qui se présentait à ma vue.</p>
<p style="text-align:justify;">Voilà, j’étais arrivé : <i>tsi waswili</i>.</p>
<br />  <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/danielducharme.wordpress.com/945/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/danielducharme.wordpress.com/945/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=danielducharme.wordpress.com&#038;blog=4604422&#038;post=945&#038;subd=danielducharme&#038;ref=&#038;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://danielducharme.wordpress.com/2013/03/01/034-mwaswili-larrivee-comores-3/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
	
		<media:content url="http://0.gravatar.com/avatar/6988e8a00a0aec8a0e6e7ea22f4cf3ad?s=96&#38;d=identicon&#38;r=G" medium="image">
			<media:title type="html">Ducharme</media:title>
		</media:content>
	</item>
	</channel>
</rss>
